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Aires Libres n°2 - novembre 2007

Par Anne-Sophie Marchal Dernière modification 26/08/2009 13:42

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Aires Libres - L’accessibilité au quotidien - Novembre 2007 - numéro 2

Sommaire
« L’accessibilité, source d’autonomie » page 2
Edito page 3
Reportage en images Une plaine de jeux spécialement conçue pour accueillir les enfants moins valides… c’est possible ! page 4
Dossier : Les dispositifs de changement de niveau page 7
Vos loisirs : Les jeux de société page 15
Entretien : Lydia Gonzalez et Claudine Prévot, responsables de ludothèques spécialisées page 19
Vos témoignages page 22
Nos brèves page 24

Page 2

« L’accessibilité, source d’autonomie », tel est le leitmotiv de l’asbl Gamah.
Créé en 1980, Gamah a pour objectif de développer toutes les actions visant à améliorer l’accessibilité des espaces publics, des transports et des bâtiments de manière à permettre aux personnes à mobilité réduite d’acquérir le maximum d’autonomie.
Après plus de 25 ans d’expérience et de collaboration avec les pouvoirs publics, les architectes, les constructeurs mais aussi les personnes handicapées, Gamah est reconnu pour être un spécialiste des questions d’accessibilité en Wallonie et à Bruxelles.
Le travail s’articule autour de quatre grands axes :
> l’interpellation des constructeurs et décideurs politiques sur les besoins des personnes à mobilité réduite,
> la formation des intervenants concernés tant par la mobilité piétonne que par l’accès aux bâtiments,
> la proposition de conseils aux architectes et maîtres d’oeuvre,
> l’évaluation des espaces publics intérieurs ou extérieurs, à partir de plans ou sur le terrain. Pour cela, Gamah utilise, entre autres, un outil unique d’évaluation, l’Indice Passe-Partout®.

Afin de rencontrer ces objectifs, Gamah propose cette revue gratuite à laquelle vous pouvez vous abonner sur simple demande au 081 24 19 37 ou par mail à l’adresse contact@gamah.be. Vous pouvez également vous inscrire à une newsletter mensuelle.
Gamah, une équipe à votre écoute.
Téléphone : 081 24 19 37
Fax : 081 24 19 50
Mail : contact@gamah.be
Site : www.gamah.be et www.ipp-online.org

Qui sont les « PMR » ?
Les PMR (personnes à mobilité réduite) sont des personnes gênées dans leurs mouvements en raison de leur taille, de leur état, de leur âge, d’une maladie aux effets invalidants, d’un accident, d’un handicap permanent ou temporaire.
De simples citoyens, en somme …

Avec le soutien financier du Ministre de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des chances et du Ministre du Logement, des Transports et du Développement territorial de la Région wallonne

Page 3 - Edito

La transition entre le Vilain Petit Canard et l’Aires Libres s’est, semble-t-il, passée en douceur. Vos témoignages de félicitations et d’encouragements furent légion et nous vous en remercions vivement. Nous enregistrons déjà pour ce deuxième numéro de nombreux nouveaux abonnés et nous espérons vous compter parmi ceux-ci dès à présent.
Étant régulièrement confrontés à des demandes d’informations sur le meilleur système à mettre en place lorsqu’il est question de changer de niveau, que ce soit quelques marches ou un étage complet, nous avons souhaité, dans ce numéro, approfondir ce domaine. Espérons que nous l’aurons rendu accessible à tous.
D’autre part, préparant les longues soirées d’hiver, nos spécialistes se sont penchés sur les jeux et les solutions à mettre en oeuvre pour que tous puissent y jouer.
Enfin, souvenez-vous qu’Aires Libres est votre revue et qu’elle doit refléter vos préoccupations.
Si vous avez des suggestions de dossiers, des commentaires ou des témoignages à apporter, n’hésitez pas à le faire à l’adresse contact@gamah.be. Le sous-titre de cette revue étant l’accessibilité au quotidien, c’est de votre accessibilité et de votre quotidien que nous voulons parler !

Vincent Snoeck
Directeur

Pages 4 à 6 – Reportage en images : Une plaine de jeux spécialement conçue pour accueillir les enfants moins valides… c’est possible !

En 2000, la commune de Woluwé-Saint-Lambert décide de créer une plaine de jeux adaptée pour enfants moins valides. En effet, six centres spécialisés de la commune réclamaient un tel espace. Pour être sûr que la plaine convienne à tous, plusieurs personnes ont été impliquées à chaque étape du projet : un responsable communal, les éducateurs des centres, des enfants handicapés et le fournisseur des modules. Divers éléments permettent à chacun d’y trouver son compte : bordures et canisses pour guider les enfants déficients visuels, mobilier adapté, modules sonores… Pour éviter le vandalisme, la plaine de jeux est fermée à clé. En semaine, seuls les centres spécialisés y ont accès. Par contre, le week-end, tout le monde peut venir jouer (une permanence est assurée les deux jours). Après 7 années d’utilisation, la plaine doit maintenant être rafraîchie. Chose qui devrait être faite pour le prochain printemps.
Adresse : Avenue Dumont, 40 à 1210 Bruxelles
Renseignements : Mr Mingers – 02 761 29 41

1. Une table permet aux enfants de jouer avec le sable ou de l’eau debout ou en restant dans leur fauteuil roulant.
2. Les enfants en chaise roulante peuvent eux aussi s’amuser sur un tourniquet : de plain-pied, la place entre les barres est suffisamment large. Plaisir garanti !
3. Quoi de plus amusant qu’une fontaine ? Celle-ci est actionnée grâce à un astucieux système : en marchant (ou roulant) sur la plaque métallique, un filet d’eau sort du bec du coq !
4. Sur ce ponton, les enfants circulent tout en passant sur des obstacles variés. A une des extrémités, un toboggan accueille les plus téméraires. Sa largeur, plutôt étroite, maintient en bonne position les enfants.
5. Les enfants polyhandicapés apprécient beaucoup ce nid… Lovés au centre, ils sont doucement bercés par le vent.
6. Grâce à l’ajout d’une rampe, la balancelle en forme d’éléphant peut être utilisée par tous, chaisard ou non. Et hop en haut… et hop en bas !

Pages 7 à 14 – Dossier : Dispositifs de changement de niveau

Où que nos pas nous mènent, nous sommes constamment confrontés à des escaliers, des marches, des pentes... En effet, la plupart des habitations sont construites sur différents niveaux. Les bâtiments ouverts au public sont eux aussi
rarement de plain-pied. Et que penser des chemins piétons, trottoirs, etc. ?!
Dès lors, puisque les barrières ne sont pas supprimées dès la conception, il faut les faire disparaître au mieux en installant un dispositif approprié. Dans ce domaine, une foison de solutions existe : ascenseurs, rampes, plates-formes, monte-escaliers et autres escalators. Que privilégier ? Pourquoi ? Malgré une offre importante, il n’est pas toujours simple d’effectuer le meilleur choix. C’est en comprenant les besoins des utilisateurs et en connaissant les diverses possibilités que les aménagements seront les mieux conçus.

Que demande le public à mobilité réduite ?
Afin de choisir le meilleur dispositif de changement de niveau, il convient tout d’abord de comprendre les besoins spécifiques des personnes concernées. Voici succinctement, les demandes couramment énoncées.
Un repérage pour tous
> Les personnes malvoyantes ou aveugles ont besoin de repérer facilement les différents éléments du dispositif. Ainsi, les marches d’un escalier doivent être contrastées (bande de couleur sur le nez de marche), des dalles podotactiles doivent être placées aux extrémités des escaliers, les boutons de l’ascenseur doivent être traduits en braille et en relief, une synthèse vocale dans l’ascenseur doit signaler l’étage, etc.
> Les personnes malentendantes ou sourdes apprécieront les repères visuels (affichage de l’étage dans un ascenseur par exemple), ainsi qu’une signalétique claire et simple. Le dispositif d’alarme doit aussi être équipé d’un système visuel permettant à la personne sourde ou malentendante de repérer que son appel a bien été reçu.
Un dispositif praticable aisément
Les personnes marchant difficilement et les chaisards progressent confortablement sur un revêtement le plus plat possible, sans trou et non glissant. Lorsque le cheminement est trop pentu, des zones de repos (paliers)
sont les bienvenues.

<encart> Un premier texte national a été publié en 1975. L’accessibilité des bâtiments ouverts au public y est globalement définie. Cette loi est toujours d’application en Flandre. En Wallonie et à Bruxelles, des textes plus précis en matière d’accessibilité ont été rédigés et sont d’application: le Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine (CWATUP) et le Règlement Régional d’Urbanisme (RRU).
Des informations plus fournies concernant les règlementations existantes sont disponibles sur notre site Internet www.gamah.be (rubrique documentation). <fin encart>

Une pléthore de dispositifs
Bien entendu, chacun présente des avantages et des inconvénients. Il est dès lors primordial de bien analyser la situation et de choisir le dispositif qui convient le mieux à tout point de vue.

Les escaliers
Définition : suite régulière de marches permettant de passer d’un niveau à l’autre (Wikipédia).
Même s’ils ne sont pas accessibles à tous (en particulier aux chaisards et aux personnes marchant difficilement), les escaliers sont toujours présents lorsqu’il s’agit de changer de niveau. Dans le cadre de nouvelles constructions (ou rénovations importantes) ouvertes au public, des normes strictes d’accessibilité ont été fixées dans le CWATUP et le RRU :
> marches antidérapantes
> palier contrasté
> main-courante, solide et continue de chaque côté de l’escalier, dépassant
l’extrémité de l’escalier de 40 cm
> dalles d’éveil à la vigilance aux extrémités de chaque escalier
A ces contraintes, le RRU ajoute la hauteur maximale d’une marche et celle du placement des mains-courantes.

En bref
Avantages
Législation facilement applicable
Contraintes/Inconvénients
Impraticables pour les chaisards et peu sûr pour les personnes marchant difficilement (parents avec landau, personnes âgées, etc.)

Les rampes d’accès
Définition : plan incliné
Les rampes d’accès sont le procédé le plus simple à mettre en place pour pallier une marche ou une petite différence de niveau. De plus, cette solution s’avère peu coûteuse tant au niveau du matériel requis que pour l’entretien.

Contrairement à de nombreux dispositifs, la rampe d’accès est un procédé non mécanisé. Elle ne doit donc pas être vérifiée régulièrement par un expert et ne tombe jamais en panne.
Bien entendu, pour être praticable, une rampe d’accès doit respecter des normes. Les plus importantes sont le pourcentage de l’inclinaison limité à 5 % sur 10 mètres maximum. Plusieurs rampes successives peuvent être réalisées,
pour autant qu’elles soient entrecoupées d’un palier horizontal (1.50 mètre de diamètre). Si cette contrainte est techniquement impossible à appliquer, d’autres pourcentages sont tolérés (7 % sur 5 mètres maximum, 8 % sur 2 mètres maximum, 12 % sur 50 cm maximum). Il convient également de choisir un revêtement stable et non glissant et de prévoir une aire de manoeuvre au bas et en haut de celle-ci. Enfin, pour garantir la sécurité des usagers, il est nécessaire de placer mains-courantes et chasse-roues. Si la rampe dépasse les pourcentages cités, elle devient fatigante ou impraticable pour certains. C’est ici que les limites des rampes apparaissent clairement : lorsqu’il s’agit de combler une différence de niveau supérieure à un mètre, la rampe devient très longue et prend beaucoup d’espace. Un autre dispositif doit alors être envisagé. La rampe est donc une solution idéale lorsque quelques marches seulement sont à compenser. Signalons enfin que de plus en plus de fournisseurs proposent des rampes amovibles ou portables. Ces solutions ne sont cependant pas à privilégier à long terme. En effet, les rampes amovibles peuvent être déplacées, enlevées, mal positionnées, trop pentues... Les rampes permanentes les remplaceront avantageusement. Par contre, pour un chaisard, la rampe portable peut s’avérer parfois intéressante pour créer un plan incliné (encore) inexistant.

En bref
Avantages
- Simple à installer
- Peu coûteux par rapport aux autres solutions
- Pas d’entretien spécifique
- Parfait pour pallier une petite différence de niveau
Contraintes et inconvénients
- Pourcentage de la pente limité
- Besoin d’espace lorsque la différence de niveau est supérieure à 1 mètre

Les fauteuils monte-escaliers
Définition : siège électrique guidé par un rail longeant les escaliers. Il permet le transport assis d’une personne. Les fauteuils monte-escaliers présentent de nombreux avantages dans les maisons unifamiliales. Il permet de faciliter l’accès à l’étage à une personne marchant difficilement. L’installation est compacte et prend donc peu de place. De plus, elle ne nécessite pas de gros travaux puisque le dispositif est fixé sur l’escalier et non sur un mur porteur. Il peut indifféremment être placé sur un escalier droit ou tournant. Il est également facile d’utilisation et sécurisé : les télécommandes et boutons sont maniables d’une seule main, le siège pivotable facilite les transferts, le fauteuil est muni de contacteurs bloquant le système dès qu’il rencontre un obstacle... De nombreuses personnes âgées peuvent ainsi rester à leur domicile et profiter pleinement de toute leur maison. Du côté des inconvénients, on notera qu’il ne permet de transporter qu’une personne à la fois. En outre, il oblige le chaisard à effectuer deux transferts par « voyage » et à disposer d’une chaise à l’arrivée... Il n’est donc pas conseillé dans les bâtiments recevant du public.

Enfin, précisons que, comme pour tous les appareils électroniques, les fauteuils monte-escaliers nécessitent un minimum d’entretien afin d’assurer un fonctionnement optimal.
En bref
Avantages
- Intéressant pour les personnes marchant difficilement
- Installation compacte, sécurisée et facile d’utilisation
- Convient à tous les types d’escaliers
- Idéal dans une maison individuelle
Contraintes / inconvénients
- Inopportun pour les chaisards
- Non conseillé dans un bâtiment recevant du public
- Entretien par un spécialiste nécessaire régulièrement
- Aucune porte ne doit se trouver dans le passage du rail

Les plateaux élévateurs
Définition : plate-forme horizontale guidée mécaniquement par un rail. Ce dernier peut suivre l’inclinaison d’un escalier (droit ou tournant) ou s’élever verticalement (comme un ascenseur).
Il permet l’embarquement d’une personne en chaise roulante. Les plateaux élévateurs transportent les personnes dans leur propre chaise. Ils suppriment donc la contrainte des transferts. Apprécié pour ses nombreuses variantes permettant de s’adapter à de multiples situations, le plateau élévateur est couramment installé lors de rénovations. Parmi ses atouts, nous pouvons compter :
> la sécurité : des bras ou portillons sont fixés sur le plateau pour éviter tout risque de chute ;
> le peu de place nécessaire à la machinerie ;
> la non nécessité de murs porteurs.
Un inconvénient peut être pointé si les boutons actionnant le système ne sont pas en relief ou pas suffisamment sensibles. De plus, la pression doit être continue sinon le système s’arrête. Les modèles proposés dans le commerce possèdent généralement le label européen (CE). Pour assurer un certain niveau de sécurité, des contraintes sont fixées, notamment la vitesse de déplacement du plateau assez lente (maximum 0,15m/s).

Une distinction entre les différents plateaux existants doit être effectuée :
> les élévateurs d’escaliers
> les plates-formes élévatrices verticales

Les élévateurs d’escaliers
Le plateau est dans ce cas fixé sur un rail qui suit l’escalier. Ce dernier peut être droit, tournant avec ou sans palier(s). Le désavantage lié à ce dispositif est la largeur nécessaire à son placement : l’escalier doit pouvoir accueillir le rail et la plate-forme (90 cm sont requis pour un escalier droit, 110 cm pour un escalier tournant). C’est pourquoi peu de personnes installent ce mécanisme à leur domicile. Par contre, les bâtiments ouverts au public, disposant souvent de plus d’espace, optent fréquemment pour l’élévateur.

Les plates-formes élévatrices verticales
Différents systèmes peuvent ici être employés : une vis sans fin, un vérin ou un mécanisme de ciseaux. Si la vis sans fin et le vérin acceptent des hauteurs imposantes, les ciseaux seuls ne peuvent combler qu’une hauteur d’un ètre maximum.

En bref
Avantages
- Peu de place nécessaire à la machinerie
- Murs porteurs pas nécessaires
- Nombreuses variantes
- Dispositif sécurisé (normes européennes)
- Convient bien aux bâtiments recevant du public
Contraintes / inconvénients
- Vitesse relativement lente
- Largeur du dispositif assez grande
- Hauteur maximale d’un mètre pour les systèmes à ciseaux
- Aucune porte ne doit se trouver dans le passage du rail
- Pression continue et parfois peu aisée des commandes

Les escaliers mécaniques et tapis roulants (escalators et travellators)
Définitions : L’escalator est une installation comprenant une chaîne de marches entraînées mécaniquement, destinée au transport des personnes dans une direction ascendante ou descendante (Arrêté français du 17 février 1986).

Le travellator est une installation comprenant un tapis entraîné mécaniquement, destiné au transport des personnes dans une direction quasi horizontale, à une vitesse variable et réglée suivant les cas. D’emblée, précisons que les escalators et travellators ne sont pas considérés comme des moyens de déplacement sûrs par bon nombre de PMR. Les raisons en sont variées :
> Les personnes déficientes visuelles éprouvent des difficultés à repérer le début et la fin du système. Elles ne se sentent alors pas en sécurité.
> Les escalators et travellators causent des déséquilibres aux personnes déficientes auditives.
> Les personnes marchant difficilement se placent péniblement sur ces escaliers mécaniques tandis que la manoeuvre est impossible pour les personnes en chaise roulante.
Quant aux tapis roulants, ils sont souvent trop pentus que pour être empruntés confortablement par tous.
Résultat : les escaliers et tapis mécaniques ne sont appréciés que par les personnes valides. Leur seul atout est de faciliter la circulation piétonne dans des lieux publics très fréquentés en la fluidifiant comme dans les gares, métros, centres commerciaux.
Signalons enfin qu’un tel dispositif doit obligatoirement être doublé par un escalier et un ascenseur.
Pour être, au minimum, recommandable, un escalator ou travellator devrait répondre aux exigences suivantes :
> une vitesse de déplacement raisonnable ;
> une vitesse de rampe synchronisée à la vitesse des marches ;
> une transition confortable, c’est-à-dire un replat équivalent à 2-3 marches avant de commencer l’ascension ou la descente ;
> des nez de marche contrastés ;
> un signal auditif avertissant l’utilisateur s’il s’engage à contresens ;
> la présence de dalles podotactiles aux extrémités.

En bref
Avantages
- Fluidifie la circulation piétonne
Contraintes / inconvénients
- Doit être doublé par un escalier et un ascenseur.
- Difficilement repérable
- Cause des déséquilibres
Les ascenseurs
Définition : appareil qui dessert des niveaux définis dans un bâtiment ou une construction à l’aide d’une cabine qui se déplace selon une course parfaitement fixée dans l’espace et dont l’inclinaison sur l’horizontale est supérieure à 15 degrés, destiné au transport de « personnes » ou de « personnes et d’objets ». (Arrêté royal belge relatif à la sécurité des ascenseurs – 9 mars 2003).

L’ascenseur, dispositif de changement de niveau le plus connu avec les escaliers, est un élément obligatoire dans les nouveaux bâtiments wallons et bruxellois recevant du public (imposition du CWATUP et du RRU). Il peut également être remplacé par une plate-forme élévatrice. Rarement présent (ou non conforme)
dans les vieux bâtiments, il n’est pas toujours aisé d’en installer un. En effet, les aspects architecturaux ne se combinent pas toujours facilement aux contraintes techniques (par exemple, le besoin de place ou la nécessité d’un mur porteur).
De plus, l’introduction d’un ascenseur dans un bâtiment existant représente un coût relativement conséquent. Il sera donc rarement installé dans une maison individuelle. Par contre, il trouvera bien sa place dans un bâtiment public.
Pour être confortable pour tous, un ascenseur doit :
> avoir des portes et une cabine suffisamment larges ;
> disposer d’un système automatique d’ouverture de porte ;
> être équipé d’une synthèse vocale annonçant les étages ;
> bénéficier de boutons corrects (non digitaux, traduits en braille et en relief, placés à une hauteur accessible aux chaisards) ;
> posséder un système de communication visuel (numéro de l’étage et dispositif d’alarme entre autres).
La hauteur de déplacement n’étant pas limitée, l’ascenseur est très utile dans les grosses structures (bâtiments publics, entreprises, etc.).

En bref
Avantages
- Utilisable par tous
Contraintes / inconvénients
- Doublure obligatoire d’un escalier
- Contraintes techniques élevées
- Installation complexe
- Coûteux pour une petite structure

Les franchisseurs d’escaliers
Définition : chenillette ou escaladeurs permettant à une personne en chaise roulante de monter et descendre des escaliers. Ce système n’est pas fixé sur les escaliers et est transportable. Deux systèmes peuvent être différenciés :
> les chenillettes
> les escaladeurs
Ils permettent tous deux d’embarquer une chaise roulante en la chargeant par l’arrière. Ils ne peuvent toutefois être actionnés que par une tierce personne. Leurs poids varient entre 25 kg pour les escaladeurs et une cinquantaine de kilos pour les chenillettes.

Les chenillettes
Des pentes allant jusque 35° d’inclinaison peuvent être franchies. Le passage d’escaliers intérieurs n’est donc pas garanti. Un système de frein permet de gérer le déplacement et de s’arrêter en cours de route. Le désavantage de ces  chenillettes est double : elles ne sont pas utilisables dans les escaliers tournants et sont encombrantes.

Les escaladeurs
Ce support permet de descendre ou monter un escalier, marche après marche. Le dispositif prend appui sur le bord des marches. Une roulette détectrice de vide rythme le déplacement. A chaque rebord de marche, un arrêt est marqué. Le point d’équilibre imposé par l’appareil permet à l’accompagnant de ne pas supporter le poids de la chaise.

Alternative utile dans certains cas, les franchisseurs d’escaliers ne sont pas la panacée car ils ne permettent pas aux chaisards d’effectuer des déplacements en toute autonomie.

En bref
Avantages
- Aide appréciée par les accompagnateurs
Contraintes/inconvénients
- Pas d’autonomie pour le chaisard : besoin d’une tierce personne
- Dispositif temporaire et individuel
- Inutilisable dans les escaliers tournants
- Dispositif encombrant et assez lourd

En définitive, que choisir ?
Une réponse unique ne peut être apportée à cette question. En effet, le choix dépendra de l’architecture et des contraintes du lieu, de la fonction du bâtiment, des fonds disponibles pour l’achat et l’installation, des avantages et inconvénients propres à chaque dispositif et des besoins des utilisateurs. Le recours à un expert reste indispensable. Retenons que lorsqu’il s’agit d’un investissement pour une personne particulière ou pour l’aménagement d’un poste de travail, l’Agence Wallonne pour l’Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH) peut, selon certaines conditions, intervenir financièrement. N’oublions pas, cependant, qu’il est impératif de réfléchir à la question dès la conception (ou rénovation) d’un bâtiment car cela permet d’anticiper les situations (par exemple, construire un escalier suffisamment large pour pouvoir placer un plateau élévateur plus tard). Les architectes, maîtres d’oeuvre, etc. sont invités à tenir compte des besoins des usagers et à supprimer le plus de barrières possibles. Les changements de niveau font partie des obstacles rencontrés au quotidien par les PMR. Les éliminer est le meilleur moyen d’intégrer tout le monde dans notre société qui se veut égalitaire.

Pour en savoir plus
> CWATUP, articles 414 et 415
> RRU, Titre IV et VII
> Accessibilité : principes et lignes directrices, Les éditions du Conseil de l’Europe, 1993
> Arrêté du Gouvernement wallon fixant les conditions et les modalités d’intervention d’aide matérielle à l’intégration des personnes handicapées, 2004 (annexe, point 20)
> Étude sur les dispositifs de changement de niveau, Hacavie, Lille, 1997 (tome 1), 2000 (tome 2)
> AWIPH, www.awiph.be
> Les espaces Solival, www.solivalwb.be
> Les différents fournisseurs de dispositifs de changement de niveau : Ascier, Euromove, Lifestand, Kone, Metra, Monolift, Sagess, Stannah, etc.

Pages 15 à 18 – Dossier : les jeux

Jeux de société, jeux de cartes, jeux de rôle, jeux de plateau, jeux de stratégie, jeux informatiques, jeux de coopération… Vaste monde que le domaine des jeux. Chacun, grâce à ses multiples déclinaisons, devrait y trouver son compte. Et pourtant… quand un handicap freine un joueur, les possibilités se restreignent… Petit tour d’horizon.

Jouer… une activité aux multiples facettes positives
Activité innée pour les plus jeunes, le jeu ne doit pas être considéré uniquement comme une pièce indispensable au développement des enfants. En effet, jouer est bénéfique à tout point de vue et à tout âge... Ainsi, nombreux sont les adultes à être de grands joueurs.

Source de plaisir
La fonction première d’un jeu est bien sûr de divertir les personnes qui s’y adonnent. Quel bonheur d’établir une stratégie, de calculer ses coups, de gagner (!), de palabrer sur une situation et surtout de partager un moment de détente avec des amis ou en famille. N’oublions donc pas que le jeu, même s’il peut être utilisé à d’autres fins, doit rester une source de plaisir !

Participation au développement
Depuis longtemps, il est reconnu que le développement de l’enfant passe par le jeu. Les enfants découvrent et accroissent ainsi leurs capacités (motrices, intellectuelles, sensorielles, manuelles, créatives, etc.). Peu à peu, les jeux ont également acquis une dimension thérapeutique. Ils incitent les enfants à  manipuler de petits objets, ils leur permettent de comprendre et maîtriser leur environnement, ils éveillent leur perception, etc.

Dimension sociale
A travers le jeu, les jeunes apprennent à perdre, à faire des concessions, à tenir compte des autres, à s’insérer dans un groupe… En outre, le plaisir d’un jeu vient en grande partie des interactions entre le joueur et ses équipiers ou adversaires.
Au vu de ces avantages (résumés très brièvement ici), un handicap ne devrait dès lors pas constituer un frein pour des joueurs potentiels.
Malheureusement, trouver de bons jeux accessibles pour tous les types de handicap et pour tous les âges n’est pas une sinécure. Pour mieux comprendre la problématique, pointons tout d’abord les obstacles et situations difficiles rencontrées par les personnes à mobilité réduite.

Divers obstacles au jeu
Un joueur choisit un jeu tout d’abord en fonction de son envie du moment mais également en fonction de ses compétences tant intellectuelles que physiques.
Quatre types de freins peuvent être épinglés.

- Une préhension difficile
Que ce soit un jeu de plateau, un jeu de rôle, un jeu informatique, etc. le joueur doit souvent faire preuve d’un minimum de dextérité. De nombreux jeux requièrent des déplacements de pions et de figurines, la tenue et l’échange de cartes, le lancement de petits dés, etc. Cela exige une certaine mobilité des doigts, des mains, du corps mais aussi une finesse dans la manipulation… Pas question de faire des mouvements trop brusques au risque de modifier tout le plateau ou d’envoyer son personnage au mauvais endroit ! Quant aux jeux informatiques, ils font souvent appel à l’utilisation de la souris… à manier également avec agilité et célérité !

- Une perception visuelle restreinte ou absente
De nombreux jeux sont basés sur l’observation d’un plateau. La vue est dès lors indispensable pour déplacer ses pions, analyser la situation et ainsi élaborer sa stratégie, évaluer les actions des adversaires, etc.

De même, du côté des jeux informatiques la problématique est identique, voire accentuée pour deux raisons. D’abord, le jeu étant virtuel, il est impossible de le toucher. Ensuite, une personne aveugle n’utilise pas la souris mais uniquement le clavier… Enfin, les règles d’un jeu sont, la plupart du temps, présentées et détaillées dans un livret… Du coup, elles sont illisibles pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle (même légère).

- Une motricité peu aisée
Certains joueurs sont fréquemment limités dans l’exploitation du jeu en toute autonomie. Deux types de problèmes peuvent ici être distingués.
> Les enfants et personnes de petite taille sont souvent obligés de se déplacer ou d’escalader leur chaise pour atteindre tous les éléments sur un plateau/module de grande taille.
> Les personnes se déplaçant difficilement, quant à elles, peuvent être ennuyées par des déplacements imposés par le jeu. Il en va ainsi avec les circuits de train, les tapis de jeu pour petites voitures, la pétanque, le croquet et certains jeux de rôle par exemple.

- Des problèmes de compréhension et d’expression
Le problème de compréhension le plus fréquent est lié à la langue. En effet, pour jouer, la connaissance des règles du jeu est indispensable. Or, les règles ne sont pas toujours traduites dans la langue maternelle du joueur (ou régulièrement mal traduites). Ainsi, s’il est encore possible, après une recherche (parfois laborieuse) sur Internet, de trouver la traduction française des règles d’un jeu de société allemand, il est impossible de dénicher des règles expliquées en langue des signes. Or, bon nombre de personnes sourdes ou malentendantes en auraient besoin, la lecture du français (ou autre) représentant pour elles un réel défi. Le jeu ne peut alors pas être compris dans toute sa finesse.
Enfin, il est souvent nécessaire de discuter avec les autres joueurs pour évoluer dans le jeu. Cela implique une bonne ouïe et la faculté de s’exprimer suffisamment bien.
La situation actuelle
Malheureusement, force est de constater que les jeux accessibles à tous sont encore trop souvent destinés à des (jeunes) enfants : mémory tactile, lotto sonore, jouet à manipuler, puzzle à emboîter, etc. Bref, une offre guère originale et attractive pour les adultes !
Peu de jeux de plateau sont conçus en même temps pour des personnes voyantes et pour des joueurs aveugles. Rares sont les jeux de société prévus pour être manipulés par tous, y compris, par des joueurs ayant des difficultés de préhension. A nos questions, le service clientèle Playstation répond : « il faut bien admettre que le handicap des personnes aveugles ou malvoyantes représente, hélas, un gros obstacle à l’usage des appareils en question ainsi que l’usage d’un jeu. Il se peut qu’avec les évolutions électroniques et techniques, nous puissions enfin répondre à vos désirs mais pour le moment, aucune solution n’a été trouvée ».

Alors, comment jouer ?
Même si la situation n’est pas glorieuse, les fervents du jeu peuvent s’y adonner moyennant une bonne dose de débrouillardise et/ou de recherche.

Le règne de la débrouille
Trois options se présentent aux joueurs :
> détourner les règles : en les simplifiant, en modifiant une contrainte ou en ajoutant des consignes ;
> adapter le matériel : utiliser un plateau tournant de manière à ce que tous les éléments soient facilement accessibles, appliquer de la mousse pour épaissir les objets, ajouter des informations en braille ou via des textures différents, agrandir ou reproduire des plateaux et cartes, fixer des contacteurs pour manipuler aisément un jeu électronique ;
> créer soi-même un nouveau jeu.
Néanmoins, tout cela nécessite beaucoup de créativité et de dextérité !

Quelques pistes
En tant que joueur amateur, il n’est pas toujours facile de réaliser soi-même les adaptations nécessaires. La ludothèque est alors une bonne alternative.

Endroit par excellence pour jouer, plusieurs ludothèques adaptent des jeux ou en créent spécifiquement des nouveaux. Ainsi, le joueur, novice ou averti, peut découvrir des jeux, discuter avec d’autres joueurs mais surtout, il peut tester un jeu. Il peut ainsi se faire sa propre idée du jeu et décider si ce dernier lui convient.
Conscient du problème rencontré par les personnes utilisant la langue des signes comme langue maternelle, Guillaume Gigleux, en mai 2007, a signé l’entièreté des règles des « Aventuriers du rail ». Une vidéo signée est disponible sur le net. Outre une explication du but, des cartes et actions, des séquences de jeu ont été filmées. Ce jeu n’a depuis plus de secret pour la communauté des personnes sourdes et malentendantes. Aucune autre initiative de ce genre ne peut  malheureusement être signalée.
Les vendeurs des magasins spécialisés en jeux s’avèrent également de bons conseils. Ils orientent les joueurs en fonction de leurs demandes et surtout, du type de jeu apprécié. Côté Internet, quelques joueurs internautes ont créé des sites accessibles et proposent des jeux informatiques pour personnes malvoyantes ou aveugles.

Où trouver des jeux adaptés ?
Ludothèques
Lu.A.P.E. – Avenue Parmentier, 19/8 à 1150 Bruxelles – 02 772 75 25 – www.luape.be
Touche-à-tout (ONA) – Avenue Dailly, 90-92 à 1030 Bruxelles – 02 241 65 68 – www.ona.be/services/ludotheque.htm
Le Tourbillon – Rue des Beaux-Arts, 4 à 4000 Liège – 04 253 45 32
Ludothèque de la Ligue Braille – Rue d’Angleterre, 57 à 1060 Bruxelles – 02 533 32 11 - http://www.braille.be/fr/services/culture/ludotheque.asp

Internet
http://fa1ckg.free.fr/index.html
http://www.timgames.org/
http://magdales.star-warz.net/index.php

Livres
Deux ouvrages édités par Le Quai des Ludes (une des premières ludothèques spécialisées créées en France) aideront les parents ou joueurs à effectuer leur choix.
Le ludoscope (mis à jour régulièrement)
Handilud – Jeu et handicaps (paru en juin 2007)

Et vous, comment jouez-vous ?
Vous avez adapté un jeu ou vous connaissez des ludothèques/magasins intéressants? N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences et bons tuyaux !
Nous pourrons ainsi faire circuler ces informations autour de nous, pour le plus grand bonheur des joueurs.

Pages 19 à 21 – Entretien : Lydia Gonzalez, responsable de la ludothèque « Touche à Tout » de l’Oeuvre

Nationale des Aveugles (ONA)
Claudine Prévot, présidente de la Lu.A.P.E., ludothèque adaptée pour les enfants et adultes atteints d’un handicap.

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots vos ludothèques ?
Lydia Gonzalez : Touche à Tout est surtout fréquentée par des adultes, jeunes et enfants déficients visuels, des parents ou familles de personnes handicapées et par des professionnels. Ils recherchent des jeux pour le loisir ou pour aider une personne dans une démarche pédagogique. De notre côté, nous attribuons une importance particulière à l’information et à la sensibilisation au handicap. Ainsi, outre le prêt de jeux, des animations ludiques sont organisées sur demande, chez nous ou dans des classes.
Claudine Prévot : A la Lu.A.P.E., nous accueillons aussi bien des groupes de très jeunes enfants souffrant de différents handicaps (moteur, mental ou sensoriel) que des groupes de personnes âgées. Les familles viennent généralement accompagnées d’enfants. De nombreux adultes handicapés, en quête de distractions et de loisirs adaptés à leurs difficultés, viennent chez nous car ils trouvent ici le plaisir de la convivialité.

Nous proposons des jeux spécialisés et traditionnels en location. Nous assurons aussi des animations et conseillons de nombreux étudiants dans la réalisation de travaux pour leurs études. La Lu.A.P.E. est avant tout un lieu de loisirs où l’on apporte aide et conseils au sujet du choix des jeux.

Quelles réflexions vous ont menés à créer des ludothèques proposant des jeux adaptés ?
Lydia Gonzalez : Durant 5 ans, j’ai travaillé à l’ONA dans le service d’accompagnement des étudiants déficients visuels. Lors de cette expérience, j’ai pu constater que, si les parents et l’équipe pédagogique s’investissent beaucoup dans le suivi scolaire, ils négligent souvent les plaisirs ludiques. Dans ce domaine, l’accès à des jeux et jouets adaptés reste quasiment nul. Pour combler cette carence, j’ai adapté et créé des jeux. Suite à l’accumulation de jeux et leur succès évident auprès des jeunes, j’ai proposé à l’ONA de mettre sur pied une véritable ludothèque.
Claudine Prévot : Du côté de la Lu.A.P.E., l’aventure a commencé il y a presque 25 ans avec un groupe de parents d’enfants handicapés et de personnes de formations paramédicales. Il n’y avait pas de ludothèque spécialisée en région francophone fonctionnant comme une ludothèque traditionnelle. Or, il s’avérait que les parents d’enfants handicapés étaient perdus lorsqu’il s’agissait de trouver des jeux adéquats. Ils avaient besoin de jeux spécialisés introuvables dans les magasins et surtout de conseils avisés.

Quelle est la particularité des jeux que vous proposez ?
Lydia Gonzalez : Touche à Tout propose +/- 400 jeux adaptés pour les personnes présentant une déficience visuelle. Les jeux sont soit des adaptations commercialisées, soit des jeux ordinaires que nous adaptons, soit des jeux originaux créés par l’équipe de la ludothèque. Une attention est portée sur le choix de ces jeux pour qu’ils répondent à un maximum de critères possibles (âge, nombre de joueurs, diversité des aptitudes exercée).
Claudine Prévot : La sélection des jeux proposés par la Lu.A.P.E. se fait autant parmi les jeux dit spécialisés que parmi les jeux courant du marché. Ils sont choisis en fonction de leur intérêt ludique, de leur aspect esthétique, de la grosseur des pièces, de la solidité des pièces, de leurs couleurs attractives et de la facilité des règles.

Quelles sont les demandes les plus récurrentes des joueurs ?
Lydia Gonzalez : Nos visiteurs aimeraient trouver plus de jeux connus adaptés et en découvrir d’autres. Ils souhaiteraient également pouvoir acheter certains de nos jeux.
Claudine Prévot : Les demandes des éducateurs ne varient pas : ils voudraient plus de choix. En effet, les jeunes polyhandicapés jouent avec le même type de jeux pendant de longues années. Le nombre de ces jeux (visuels, auditifs, tactiles) est limité dans le commerce.

Peu de ludothèques disposent de jeux adaptés pour les personnes à mobilité réduite. Selon vous, à quoi cela est-il dû ?
Lydia Gonzalez : Les besoins de chaque personne par rapport à un jeu sont très personnels. Adapter des jeux demande une expérience solide dans le handicap, des compétences pédagogiques et des bonnes capacités artistiques. L’adaptation d’un jeu est un travail de longue haleine et coûteux.
Claudine Prévot : Effectivement, les jeux spécialisés coûtent une fortune.
En Belgique, il n’y a aucun magasin qui puisse nous les présenter. Nous sommes obligés d’acheter sur catalogue et avons parfois de mauvaises surprises.

Qu’apporte le jeu aux enfants et adultes atteints d’une déficience visuelle ?
Lydia Gonzalez : La personne handicapée de la vue a le droit d’avoir sa place dans un monde conçu pour les voyants, souvent inaccessible car inadapté. Pour faciliter l’intégration, l’objet « jeu » est un outil efficace.
En donnant la possibilité de se procurer des jeux adaptés à moindre prix, la ludothèque rétablit l’égalité des chances face au « droit au jeu ». Elle stimule ainsi à la socialisation et à l’intégration des personnes handicapées.

Vous semble-t-il que la place des jeux dans la société a évolué ces dernières décennies ?
Claudine Prévot : Il y a 24 ans, on n’accordait pas autant de place au jeu, il se faisait de façon plus spontanée chez les enfants n’éprouvant aucune difficulté et les personnes handicapées restaient recluses chez elles. Aujourd’hui, elles sortent plus facilement, entre autres grâce à diverses actions (par exemple, des minibus sont offerts à des institutions spécialisées). Elles peuvent ainsi mieux s’intégrer dans la société.

Qu’espérez-vous pour le futur ?
Lydia Gonzalez : Un intérêt plus marqué des fabricants de jeux pour réaliser des jeux adaptés. Une reconnaissance par le ministère de la culture des  ludothèques et plus particulièrement pour les ludothèques spécialisées car notre fonctionnement est tout autre.
Claudine Prévot : Vu le vieillissement de la population, il est indispensable de développer le jeu intergénérationnel. Les personnes âgées ayant beaucoup de disponibilités de temps et ne souhaitant pas être isolées, apprécient en général de transmettre leur savoir aux enfants et les jeunes enfants apprécient la disponibilité de temps des personnes âgées car toute la semaine ils doivent tout faire vite, vite, vite…

Lu.A.P.E. : Av. E. Parmentier n°19, bte 8 à 1150 Bruxelles
Tél. & Fax : 02 772 75 25 - luape@skynet.be
Touche à Tout : Av. Dailly, 90-92 à 1030 Bruxelles
Tél. : 02 241 65 68 - Fax : 02 215 88 21 - ludotheque@ona.be

Pages 22 et 23 - Témoignages

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.
Depuis 1998, nous nous efforcions, mon compagnon et moi, de surmonter les conséquences de son hémorragie cérébrale à savoir l’hémiplégie et l’aphasie.
Comme nous aimons tous deux la nature, nous avons rapidement réalisé que les seules promenades possibles étaient certains chemins de RAVeL (pas tous) et les chemins de halage. Et je poussais, non sans efforts, sa chaise roulante pour qu’il redécouvre le vent qui caresse le visage, les oiseaux, les bateaux sur l’eau.
En général je parvenais à marcher ainsi une heure et demie, deux heures.
Que de fois n’avons nous pas fait demi-tour devant une pente inaccessible, un sol trop caillouteux, un chemin où les roues patinaient dans la boue.
Puis, un jour, on nous a parlé de la « Montagne intérieure ». Un groupe d’hommes et de femmes qui organisaient des balades en joëlette une fois par mois avec des personnes à mobilité réduite. Et une nuée de bénévoles.
Quand nous les avons vus pour la première fois, ils déboulaient sur la place d’Auvelais, joyeux, dynamiques, au terme d’une longue randonnée. Je voyais enfin ce qu’étaient des joëlettes.
Nous avons partagé un repas avec le groupe et j’ai été frappée par leur bonne humeur, leur dynamisme et leur courage. Ils évoquaient des voyages en montagne, le Mont-Blanc, l’Himalaya toujours avec leur sacrée petite
joëlette ! Je n’en croyais pas mes oreilles.
Puis est venue la première balade dans la région de Grand-Leez. Une fois mon homme installé sur sa joëlette, bien emmitouflé, ayant fait connaissance de Marie, Josiane, Josée, toutes calées sur leur drôle de chaise à porteur, le groupe démarre. Je suis enfin libre de marcher à mon rythme, de parcourir le groupe (porter la joëlette est réservé à des costauds, ce qui n’est pas mon cas) de bavarder avec l’un ou l’autre.
On longe des champs de maïs, on s’arrête pour contempler des oiseaux près d’un étang, on patauge dans des chemins boueux… la joëlette passe à travers tout !
Le groupe est animé par une force communicative, on rit beaucoup, on échange des impressions, je vois d’autres conjoints qui accompagnent leurs femmes atteintes elles aussi d’un handicap. Et leur exemple fait que je me sens désormais moins seule. Mon compagnon lui, est souriant, il a les joues rougies par le soleil d’automne, il observe tout redécouvrant des plaisirs et des sensations perdues depuis bien des années.
Et, depuis lors, nous sommes repartis plusieurs dimanches avec ces audacieux marcheurs qui traversent les terres, escaladent des chemins en pente, le tout avec une énergie et une bonne humeur communicative.
Moi, pauvre piétonne, plus très entraînée à ce type de randonnée, je me retrouve en fin de journée, épuisée, les pieds endoloris mais tellement heureuse d’avoir pu partager cet amour de la balade.
Merci à la Montagne intérieure !
Claudine Stein
Personne de contact pour « La Montagne intérieure » : Michel Servotte (Président) – 081 21 20 78 – 0474 99 27 73
http://groups.msn.com/lamontagneinterieure

Vous aussi, faites-nous part de vos témoignages. Que l’expérience soit positive
ou non, une seule adresse : contact@gamah.be

Un grand bonjour du Japon où les Japonais sont adorables et toujours prêts à vous aider. En plus, beaucoup d’aménagements existent pour nous faciliter la vie !
Sarah Logan – Août 2008

Page 24 – Nos brèves

Musée Félicien Rops
Depuis peu, le musée Félicien Rops organise des visites guidées multi-sensorielles pour les personnes aveugles ou malvoyantes. Ainsi, accompagnés par un guide, les visiteurs bénéficient de commentaires, découvrent les oeuvres grâce à des reproductions en 3D et à des bruitages sonores. Des visites dans le noir sont également proposées aux personnes valides.
Infos : Musée Rops – Rue de Fumal, 12 à 5000 Namur - Tél. 081 22 01 10 – Fax 081 22 54 47

« Lire autrement… dans le noir »
Depuis mi-octobre, Les Amis des Aveugles organisent tous les deux mois un atelier littéraire. Durant ces rencontres, un écrivain belge vient lire un extrait d’un livre et ce dans l’obscurité la plus complète.
Prochaines dates : 31 janvier, 20 mars, 15 mai, 28 août, 23 octobre et 11 décembre 2008
Infos : Les Amis des Aveugles - rue de la Barrière, 37-39 à 7011 Ghlin 065 40 31 00

Chuuut party
Soirée silencieuse durant laquelle on ne peut pas parler, la Chuuut Party permet aux personnes sourdes, malentendantes et entendantes de passer un moment convivial dans le silence. Chacun se débrouille : écrits, mimiques et gestes sont permis ! Les Chuuut Party sont organisées dans différentes villes wallonnes.
Plus d’infos : http://chuuut-party.over-blog.com

Editeur responsable :
Gamah asbl - Christian Baeke
Rue Piret Pauchet, 10 à 5000 Namur
Tél. : 081 24 19 37 · Fax : 081 24 19 50 · www.gamah.be contact@gamah.be
Paraît tous les 6 mois
Bureau de dépôt : 6099 Charleroi X
Coordinatrice : Anne-Sophie Marchal
Mise en page : Nicolas Huc – www.nlsh.be
Illustrations : Michaël Walravens – http://macravens.skynetblogs.be – 0476 30 32 69
Ont collaboré à la conception et rédaction de ce numéro : Roland Gauvry, Vincent Snoeck, Nathalie Sparenberg.

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