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Aires Libres n°1 - mai 2007

Par Anne-Sophie Marchal Dernière modification 26/08/2009 13:40

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Aires Libres - L’accessibilité au quotidien - Mai 2007 - numéro 1

L'accessibilité, source d'autonomie page 2
Edito page 3
Reportage en images : Louvain-la-Neuve, où accessibilité rime avec bonnes pratiques page 4
Dossier : Des TEC actuels aux TEC pour tous page 6
Entretien : Pierre Lannoy, sociologue page 14
Vos loisirs: L'eau à la bouche page 17
Vos témoignages page 22
Brèves page 24

Page 2

« L’accessibilité, source d’autonomie », tel est le leitmotiv de l’asbl Gamah.

Créé en 1980, Gamah a pour objectif de développer toutes les actions visant à améliorer l’accessibilité des espaces publics, des transports et des bâtiments de manière à permettre aux personnes à mobilité réduite d’acquérir le maximum d’autonomie.

Après plus de 25 ans d’expérience et de collaboration avec les pouvoirs publics, les architectes, les constructeurs mais aussi les personnes handicapées, Gamah est reconnu pour être un spécialiste des questions d’accessibilité en Wallonie et à Bruxelles.

Le travail s’articule autour de quatre grands axes :
- l’interpellation des constructeurs et décideurs politiques sur les besoins des personnes à mobilité réduite,
- la formation des intervenants concernés tant par la mobilité piétonne que par l’accès aux bâtiments,
- la proposition de conseils aux architectes et maîtres d’oeuvre,
- l’évaluation des espaces publics intérieurs ou extérieurs, à partir de plans ou sur le terrain. Pour cela, Gamah utilise, entre autres, un outil unique d’évaluation, l’Indice Passe-Partout®.

Afin de rencontrer ces objectifs, Gamah lance cette revue gratuite à laquelle vous pouvez vous abonner sur simple demande au 081 24 19 37 ou par mail à l’adresse contact@gamah.be
Gamah, une équipe à votre écoute.
Téléphone : 081 24 19 37
Fax : 081 24 19 50
Mail : contact@gamah.be
Site : www.gamah.be et www.ipp-online.org

Qui sont les « PMR » ?
Les PMR (personnes à mobilité réduite) sont des personnes gênées dans leurs mouvements en raison de leur taille, de leur état, de leur âge, d’une maladie aux effets invalidants, d’un accident, d’un handicap permanent ou temporaire.
De simples citoyens, en somme …

Avec le soutien financier de la Ministre de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des chances et du Ministre du Logement, des Transport et du Développement territorial de la Région wallonne

Page 3 - Edito

Depuis de nombreuses années, Gamah publiait un magazine trimestriel intitulé le « Vilain Petit Canard ». Nos missions s’étant affinées au fil du temps, nous avons décidé d’en revoir le concept. Nous n’irons pas jusqu’à dire que nous lui avons tordu le cou mais nous avons souhaité prendre de la hauteur et nous l’avons envoyé « en l’aires … libres » !
Avec cette nouvelle revue, nous cherchons à :
- faire le point sur la situation de l’accessibilité en Wallonie, à Bruxelles et ailleurs,
- dénoncer des faits navrants afin de faire bouger les choses,
- divulguer une information pratique en matière d’aménagement,
- renseigner sur des loisirs adaptés,
- aborder des sujets sensibles de l’actualité.

Le public visé est très large : architectes, maîtres d’oeuvre, gestionnaires de bâtiments, décideurs politiques, conseillers en mobilité, personnes à mobilité réduite ainsi que toute personne concernée par l’accessibilité.

Nous avons donc le grand plaisir de vous adresser le numéro 1 d’aires libres. Ce premier d’une longue série marque le début d’un grand travail de médiatisation de l’accessibilité auquel vous pouvez participer en nous faisant part de vos commentaires, suggestions et témoignages.

Bonne lecture et merci de l’accueil que vous réserverez à ce plaidoyer pour l’autonomie.

Vincent Snoeck
Directeur

Pages 4 et 5 - Reportage en images : Louvain-la-Neuve, où accessibilité rime avec bonnes pratiques

Depuis quelques années, l’Université de Louvain-la-Neuve travaille conjointement avec la commune pour rendre la ville accessible. Les choix effectués et l’avancement des travaux, réalisés progressivement, prouvent leur réelle volonté. Tous les deux mois, une quinzaine de personnes se réunissent pour continuer la réflexion.
A travers ces exemples, nous souhaitons montrer quelques bonnes pratiques transférables rendant la vie de tous bien plus confortable !

La Place de l’Université, surélevée par rapport au projet initial, permet un accès de plain-pied à la plupart des commerces avoisinants. Dans la rue Charlemagne, certains commerces sont rehaussés d’une marche (malgré les contraintes du CWATUP). Plusieurs commerçants ont alors pris l’initiative de poser une rampe d’accès.

Le centre ville possède actuellement des itinéraires sécurisés et aisément accessibles à tous sur plusieurs kilomètres (revêtement confortable, pente faible…).

Ces cheminements sont mis en évidence sur une carte publiée et distribuée par la ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. Actuellement remise à jour, cette carte sera prochainement disponible chez Inforville (Galerie des Halles - Tél. 010 47 47 47 – Fax 010 47 35 31 - inforville@spgu.ucl.ac.be).

1. Un cheminement continu a été aménagé de la Grand-Place au centre sportif du Blocry. Concrètement, pour les personnes déficientes visuelles, les traversées ont été sécurisées : dalles podotactiles permettant de s’orienter et de savoir où se situe le danger, barrières détectables à la canne grâce à l’ajout de chaînes, placement de longues lignes guides artificielles là où aucun élément naturel (façade, bordure,…) ne permettait de s’orienter,…
Les personnes en chaise peuvent circuler de plain-pied, grâce à la pose de plateaux ralentisseurs à hauteur des traversées piétonnes.

2. Une toute nouvelle gare des bus a été construite : proche du centre, les quais permettent un embarquement facile. Des inflexions ont été prévues pour les traversées, qui sont signalées par des dalles podotactiles. Une place de stationnement est également réservée aux personnes à mobilité réduite.

3. Afin d’améliorer l’accessibilité à la gare ferroviaire, l’UCL a fait placer des aménagements podotactiles début avril dans la galerie des halles. Dans un souci de continuité, les mêmes démarches devront être entreprises par la commune et la SNCB.

Pages 6 à 13 - Dossier : Des TEC actuels aux TEC pour tous

Dans une enquête publiée en janvier 2007, Test-Achats pointe le flagrant mécontentement des usagers à mobilité réduite quant aux services offerts par les transports publics. En effet, 70% des personnes ayant répondu à l’enquête estiment que les problèmes rencontrés sont « graves ». Même si la plupart des sondés souffrent principalement d’un handicap moteur, les résultats traduisent un sentiment négatif partagé par l’ensemble des personnes à mobilité réduite (chaisards, personnes aveugles, personnes malentendantes, …).

Si ce sentiment se dégage aussi fortement, c’est que les enjeux de la mobilité sont grands et constituent un élément clé de notre vie quotidienne. Comment rendre visite à sa famille, faire ses courses, aller à la commune, assister à un spectacle, se rendre à la bibliothèque, suivre des cours, pratiquer un sport, … sans se déplacer ? Besoins primaires et secondaires sont donc étroitement liés à la mobilité. Etre handicapé dans ses déplacements peut créer une fracture sociale.

Pour faciliter les déplacements, les sociétés anciennes et modernes ont mis en place un système de transports publics. Cela aurait dû permettre à tout le monde de se déplacer à moindre coût sans posséder de voiture personnelle et sans faire appel à une tierce personne. Même si les transports en commun se sont fortement modernisés, une bonne partie des usagers, valides ou à mobilité réduite, reste globalement insatisfaite des services en terme de fiabilité et d’accessibilité.

Afin d’en identifier les causes et de débusquer des pistes de solution, nous vous proposons un tour d’horizon de la situation en Wallonie et à l’étranger. Nous n’aborderons toutefois que la question des transports urbains, à savoir les bus principalement, les trams et métro. Les trains sont donc laissés de côté pour cette fois (leur logique étant légèrement différente : trajets plus longs, matériel plus imposant,…).

Quelles règlementations ?
En Europe
Une directive européenne(1) est aujourd’hui d’application en matière de véhicules destinés au transport de passagers comportant plus de huit places assises en plus du siège du conducteur. Ce document impose aux différents états membres de rendre les bus accessibles aux personnes à mobilité réduite. Toutefois, le choix de la solution et la mise en oeuvre sont laissés libres à chaque état.

En Wallonie
Voici deux ans, la Région wallonne, la Société Régionale Wallonne du Transport (S.R.W.T.) et les cinq TEC régionaux ont signé un nouveau contrat de gestion de mobilité pour la période 2005-2010.

Ce contrat de gestion prévoit ”l’encouragement des TEC à généraliser progressivement les bus à plancher surbaissé et les quais adaptés à ce public”. Ce contrat mentionne au point 7 que l’offre de mobilité englobe aussi “le développement des services adaptés aux personnes à mobilité réduite”. Sous le titre “Une offre de transport au service du client et de l’économie”, le contrat de gestion poursuit : “Le TEC s’engage à améliorer et à diversifier son offre, notamment en (...) améliorant l’offre de service P.M.R.” Même s’il peut être considéré comme peu précis, le contrat de gestion donne donc une direction claire.

Que demande le public à mobilité réduite ?
Afin de bien cerner les problèmes liés à l’accessibilité des transports en commun, il convient tout d’abord de comprendre les besoins spécifiques des personnes concernées (tant les personnes en chaise que celles marchant difficilement, tant les personnes aveugles ou malvoyantes, les personnes sourdes ou malentendantes que les personnes avec des difficultés de compréhension).

Voici, succinctement, les différentes demandes couramment exprimées.
- Un arrêt de bus, de tram ou de métro bien aménagé et à proximité de chez soi.
- Un chemin aisé jusqu’au quai d’embarquement c’est-à-dire des trottoirs suffisamment larges, plats et bien dégagés afin d’effectuer facilement les manoeuvres en chaise roulante et de ne pas trébucher.
- Des zones de repos (bancs) pour les personnes facilement fatigables.
- Une signalétique claire, simple et lisible à propos du trajet, des horaires, des temps d’attente, …
- Des informations sonores et tactiles pour les personnes déficientes visuelles.
- Une entrée et sortie du véhicule de plain-pied, sans espace à enjamber.
- Un système d’ouverture automatique des portes.
- Des couloirs suffisamment larges pour pouvoir y circuler en chaise roulante et ainsi se déplacer jusqu’au conducteur pour acheter un ticket ou poser une question.
- Des mains courantes, barres d’appui dans le véhicule pour assurer son équilibre.
- Des composteurs, boutons d’arrêt et d’appel surbaissés pour les atteindre facilement.
- Et… des chauffeurs compréhensifs !

Que propose la Wallonie ?
Une poignée de lignes adaptées
Sur 671 lignes de bus présentes en Wallonie, seules 5 lignes sont adaptées3 aux personnes en chaise roulante et 2 ont des annonces sonores des arrêts(4). Cela représente moins d’un pourcent de l’offre… Ces chiffres sont donc révélateurs d’une offre de transports en commun accessibles à tous très restreinte. Comble de l’ironie, la fiabilité du matériel est très souvent mise en cause. En effet, pour être utilisable, le système d’embarquement destiné aux personnes en chaise (une plaque métallique qui, une fois placée, forme une petite rampe d’accès) doit être déployé par le chauffeur (de manière manuelle ou automatique). Or, l’ouverture de cette rampe reste aléatoire : quelques chauffeurs ne sont pas disposés à la réaliser, d’autres n’en connaissent pas la manipulation. Lorsque le chauffeur maîtrise le système, ce dernier ne répond pas systématiquement à ses demandes… De plus, à plusieurs reprises, nous avons constaté que des rampes manuelles avaient été boulonnées sur certains bus. Quant aux lames automatiques, elles sont régulièrement déconnectées. Pannes, blocages, difficultés sont récurrents sur les lames !

Quels problèmes sur les 664 autres lignes ?
Les difficultés peuvent être séparées en 2 catégories :
- les abords et les arrêts : les trottoirs pour accéder aux quais d’embarquement sont trop souvent dégradés, étroits, encombrés. De même, il manque encore d’informations tactiles (dalles podotactiles, braille,…), visuelles (signalétique claire et suffisante), et auditives (signal sonore,…). Plusieurs intervenants sont responsables de ces aménagements. Concernant les arrêts de bus, c’est à la S.R.W.T. de les améliorer. Dans son plan d’action, celle-ci a choisi de les transformer progressivement, y compris sur des itinéraires non encore desservis par des bus adaptés. Les trottoirs et voiries sont du ressort des communes et de la Région qui doivent débloquer les moyens nécessaires pour les rénover.
- le matériel roulant : le plus gros problème se situe au niveau de l’accès des chaisards. En effet, ceux-ci parviennent rarement à monter en raison des marches. Pour parer cela, les bus doivent disposer d’un plancher surbaissé ainsi que d’une lame. Ils doivent aussi pouvoir s’agenouiller (c’est-à-dire descendre la caisse du véhicule par rapport à sa position normale de marche) pour réduire la différence de niveau entre le plancher du bus et le trottoir. De cette manière, la pente obtenue avec la rampe d’accès est tout à fait acceptable.
Dans le bus, divers éléments devraient idéalement être améliorés : bande annonce (visuelle et sonore) en temps réel des arrêts, largeur de couloir suffisante, …
Il faut cependant ajouter que même le meilleur matériel et un arrêt très bien conçu ne peuvent suffire. Les comportements des usagers et des chauffeurs sont aussi primordiaux : comment donner des informations à une personne qui ne parle pas le français, comment communiquer avec une personne sourde, comment montrer le bon arrêt à une personne aveugle, comment réagir avec une personne désorientée, … ? Autant de situations qui peuvent déstabiliser quelqu’un qui n’a pas été sensibilisé à ces problématiques. Certaines régionales des TEC proposent une journée de formation à leurs chauffeurs. Si ce genre d’initiative ne peut qu’être encouragé, il faut également que le grand public adopte un comportement citoyen à tous égards (par exemple, pas de parking sauvage,…) !

Quelques bonnes idées à l’étranger

Précisons d’abord qu’aucun exemple parfait n’existe à ce jour. Par contre, certains transports en commun, par les choix techniques effectués, améliorent sensiblement l’accessibilité de tous !
 
La facilité d’accès des tramways parisiens (France)
Le nouveau tramway parisien a été spécialement conçu pour recevoir les chaisards : ni marche, ni ressaut pour entrer, de larges portes, de vastes couloirs, des trottoirs rehaussés de 18 cm pour se rendre aux arrêts de bus avoisinants, des rampes d’accès de maximum 5%, …

Les informations tactiles et auditives à Grenoble (France)
Tout le réseau tram est équipé d’une synthèse vocale et d’une bande déroulante annonçant le prochain arrêt.
Un système de guidage vocal a été mis en place. A l’aide d’un bip, les personnes malvoyantes ou aveugles peuvent savoir si une rame (et laquelle) est en approche. Les stations rénovées de la ville sont équipées de bandes podotactiles qui sécurisent le quai et guident la personne déficiente visuelle vers la porte avant du véhicule.
 
Les informations visuelles et la signalétique à Tokyo (Japon)
La signalétique et les informations visuelles sont particulièrement bien fournies et réfléchies dans le métro de Tokyo. Ainsi, chaque ligne de métro possède son nom, sa couleur et un code alphanumérique. Par exemple, la ligne Marunouchi est associée à la couleur rouge et au code M4 sur tout le réseau. Toutes les rames de la ligne sont visuellement identifiables grâce à la bande de couleur qu’elles arborent sur tout le pourtour de leurs voitures.

Un grand nombre d’informations est proposé aux voyageurs : nom de la station (et de la suivante), horaires, plans (du métro et du quartier alentours), accès aux autres lignes. A proximité de ces panneaux, peu de publicités sont présentes, ce qui facilite la lecture. Enfin, pour permettre la lecture à tous, les informations écrites sont traduites en caractères latins (anglais).

Le mobilier urbain dans certaines gares régionales de France
Quelques gares régionales françaises sont maintenant équipées d’un distributeur TER de titres de transport. Cette borne est accessible aux personnes en chaise. L’écran est incliné afin de faciliter la lecture. Les touches sont en relief et le texte affiché à l’écran est lu à haute voix. Enfin, la molette qui permet de naviguer dans les menus est particulièrement facile d’utilisation.

L’assistance personnelle dans les bus dublinois
En plus d’une flotte en partie adaptée, la société « Dublin Bus » offre, tous les 2 ans, une formation à chaque membre de son personnel. Un consultant conscientise ainsi les employés aux difficultés, besoins et exigences liés au handicap. Forte de cet atout, la société des bus propose une « assistance au voyage » (conseils pratiques, accompagnement lors des premiers trajets, …).

Qu’attendre, à court terme, en Wallonie ?
Depuis plusieurs années, des actions sont initiées, sur l’impulsion de diverses associations et groupements, afin d’améliorer l’accessibilité des transports en commun : mise en service de bus à plancher bas, rénovation d’arrêts et de trottoirs, … Certes, les décisions politiques sont encore insuffisantes en terme de nombre et de fiabilité. Elles marquent toutefois un tournant dans la prise en compte des personnes à mobilité réduite.

Croire que les transports en commun wallons peuvent être entièrement adaptés d’ici quelques années est une erreur. Tout d’abord parce que les aménagements à réaliser représentent un chantier gigantesque : 36 000 arrêts de bus, des centaines de véhicules, des milliers de kilomètres de voiries et trottoirs… Ensuite, parce que les omissions et erreurs du passé ont des répercussions sur notre mobilité actuelle. En effet, pour amortir un investissement, c’est plusieurs dizaines d’années qui sont nécessaires. Enfin, parce que, actuellement, pour se lancer dans de tels travaux, il faut que ces derniers apportent une plus-value à un grand nombre de passagers, sur un territoire assez considérable.

Qu’envisager à plus long terme ?
Une réflexion globale, prenant en compte tous les aspects (l’accessibilité mais aussi la mobilité des gens, le vieillissement de la population, le respect de l’environnement, les ressources disponibles, la sensibilisation des chauffeurs, …) doit être menée dès aujourd’hui et des choix doivent être posés rapidement. Les Ministres des Transports européens tentent d’ailleurs d’uniformiser leur réflexion(5). C’est maintenant à nos responsables (politiques, régionaux, communaux, privés, …) de prendre les choses en main. Aucune solution toute faite et idéale n’existe pour la Wallonie. En effet, tant que nous resterons dans de l’adaptation de matériel et voiries existants, l’accessibilité ne pourra pas être atteinte à 100%. Les enjeux majeurs et actuels de la mobilité, à savoir le vieillissement de la population et le défi écologique, peuvent devenir une aubaine pour la mise en accessibilité. En effet, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans (et donc potentiellement, le nombre de personnes à mobilité réduite) augmentera de 40% au cours des trente prochaines années6. Des alternatives aux moyens de transport actuels (utilisant les ressources pétrolières) devront être choisies : électricité, biocarburants, hydrogène, … Le matériel roulant devra donc être réinventé et transformé (tramways, …). Les voiries, quant à elles, devront accueillir ces nouvelles installations. C’est donc dès la conception de ces nouveaux véhicules que l’accessibilité devra être pensée et intégrée dans la norme.

Conférence internationale sur la mobilité
Tous les 3 ans depuis 1978, une Conférence internationale sur la mobilité et le transport des personnes âgées ou à mobilité réduite (COMOTRED) est organisée. Elle se tiendra, cette année, au Canada. Le thème «Analyse comparative, évaluation et vision pour l’avenir» est très prometteur et nous ouvrira sans doute de nouvelles perspectives pour les transports en commun wallons. En effet, les objectifs de la conférence sont de faire le point sur l’avancement des recherches, de faire connaître les réalisations internationales et d’examiner les innovations technologiques.
Plus d’info sur cette conférence sur le site Internet : www.tc.gc.ca/pol/FR/comotred2007/accueil.htm

Transport en commun ou transport adapté ?
Il est important de distinguer les transports en commun (ou transports publics) des transports adaptés.
Wikipédia nous donne la définition suivante d’un transport en commun : « Le transport en commun, ou transport collectif, est un mode de déplacement de personnes, utilisant des véhicules étudiés pour transporter un grand nombre de personnes en même temps. Ils sont accessibles au plus grand nombre, généralement en contrepartie du paiement soit d’un billet pour un trajet simple, ou d’un abonnement (semaine, mois, année). » En Belgique, il s’agit donc des lignes gérées par les TEC, De Lijn, la STIB, …
Par contre, lorsqu’on parle de transport adapté(2), il est question d’un parc de véhicules adaptés pour les personnes qui sont dans l’impossibilité d’utiliser le réseau de transports en commun régulier en raison d’un handicap souvent lourd. Généralement, les places disponibles sont limitées à quelques personnes et le service est assuré du domicile au lieu désiré (transport porte à porte). Il ne s’agit donc plus d’un réel transport collectif. Cette desserte peut être proposée par un service public ou par des organismes privés (sociétés, associations, mutuelles, …). Les transports adaptés sont des services indispensables pour une partie des personnes à mobilité réduite (car trop appareillées, nécessitant une aide particulière lors de leurs déplacements ou n’acceptant qu’un service porte à porte). Cependant, étant donné le faible nombre de personnes qu’ils peuvent transporter à la fois, ils doivent être considérés comme des compléments, et non des palliatifs, aux services de transport régulier.

Pour des lignes accessibles
Mi-janvier 2007, 200 personnes à mobilité réduite se sont rendues au Cabinet du Ministre des Transports, André Antoine. Elles lui ont remis une liste de lignes à adapter prioritaire ment dans chaque TEC régional(7).
Lors de cette rencontre, les problèmes d’accessibilité ont bien sûr été pointés du doigt. Pour y répondre, le Ministre se tourne d’abord vers le transport porte à porte en promet tant une augmentation des moyens financiers octroyés aux associations spécialisées dans le transport adapté…

(1) Directive 2001/85/CE du Parlement européen et du Conseil du 20 novembre 2001
(2) L’ACIH-AAM a publié, fin 2005, un « répertoire des transports pour personnes malades et handicapées en région wallonne et bruxelloise ».
(3) La ligne 5 à Namur (la 27 est en cours de réalisation), les lignes 4, 17 et 18 (sur Liège) et la ligne 6 à Mons. Notons qu’il y manque encore une signalétique adaptée, des annonces sonores, …
(4) La ligne 19 (Nivelles -Ottignies) et la ligne W (Bruxelles - Braine l’Alleud)
(5) www.cemt.org. La Conférence Européenne des Ministres des Transports est devenue, depuis février 2007, le Forum International des Transports.
(6) Pour plus d’informations, lire le rapport du CEMT, Transport et vieillissement de la population (Février 2002).
(7) Un compte rendu de cette action est disponible sur le site www.gamah.be (partie actualités)

Pages 14 à 16 - Entretien : Pierre Lannoy, sociologue

Pierre Lannoy, sociologue, est chargé de cours à l’Université Libre de Bruxelles. Il mène ses recherches au sein du Centre de Recherche Urbaine, qui portent principalement sur les pratiques et les systèmes de mobilité spatiale (choix modal, transport public, auto-partage, systèmes de transport, représentations de l’automobile, etc.). Il a dirigé, avec Thierry Ramadier, un ouvrage intitulé "La mobilité généralisée : Formes et valeurs de la mobilité quotidienne", qui paraîtra aux éditions Académia-Bruylant de Louvain-la-Neuve dans le courant de l’été 2007.

Les questions de mobilité sont sur toutes les lèvres aujourd’hui : citoyens, journalistes, ministres… tout le monde en parle. Pourquoi cet engouement autour de ce sujet ?
La place prise aujourd’hui par les questions de mobilité dans le débat public peut sembler surprenante. Mais on comprend mieux cet engouement si l’on prend conscience du fait que la problématique de la mobilité ne se limite pas du tout au domaine du transport. Les déplacements physiques de personnes ou de biens dans l’espace et les modalités de leur réalisation (ce qu’on appelle généralement les moyens de transport) ne sont que la partie visible de l’iceberg de la mobilité. Aujourd’hui, la mobilité est un « fait social total », pour reprendre l’expression de l’ethnologue Marcel Mauss, un phénomène où sont engagées toutes les dimensions de notre société. Les sociologues proposent de parler de la situation actuelle en terme de mobilité généralisée, entendant par là non seulement le fait qu’elle a des impacts généraux sur la société (congestion, pollution, violences sur les réseaux de transport : accidents, agressions, incivilités, etc.), mais également qu’elle repose sur le caractère cumulatif des formes et des modalités de mouvement (c’està-dire que les différents systèmes de mobilité deviennent de plus en plus diversifiés mais en même temps interdépendants : réseaux de transport, d’énergie, de communication (téléphonie mobile, internet, logistique, etc.), et enfin que la mobilité est une valeur dominante et transversale dans notre société (il existe un consensus explicite et implicite au sujet du caractère fondamentalement positif de la mobilité, et ce dans tous les domaines du social – au point qu’elle en devient parfois une contrainte).

Quels impacts la mobilité a-t-elle sur l’intégration des personnes dans la société ?
La mobilité est devenue une condition nécessaire de la participation individuelle à la vie collective, et cela dans tous les domaines de la vie quotidienne. Un sociologue suisse, Vincent Kaufmann, parle d’ailleurs de la mobilité comme d’un capital social : les individus et les groupes se distinguent notamment par leur accessibilité et leur capacité inégales à la mobilité. Une personne en charge d’un service de placement des chômeurs me faisait encore part récemment de son étonnement face à la répugnance de ces personnes à la mobilité : comment comprendre qu’on puisse refuser de se déplacer, si c’est pour écrocher un emploi ? Comment ne pas accepter, lorsque l’on est cadre ou chercheur de haut niveau, d’effectuer plusieurs séjours à l’étranger ? Ce faisant, on aperçoit dans quelle mesure la mobilité est devenue une valeur dont la mise en pratique conditionne l’intégration des personnes au sein de la société.

L’accessibilité des transports en commun, entre autres aux personnes à mobilité réduite (PMR), est un axe défendu de nos jours. Pourtant, des problèmes d’accessibilité existaient déjà auparavant. Comment peut-on expliquer le manque de prise en compte de ces difficultés jusqu’à ce jour ?
Il me semble que deux facteurs entrent ici en jeu. D’un côté, comme la mobilité est devenue progressivement un enjeu social essentiel, les inégalités frappant certains groupes sociaux sur ce point deviennent de moins en moins acceptables en termes politiques. Cependant, il existe toujours un écart entre les volontés, même les plus sincères, et les réalisations. En effet, les infrastructures techniques (les gares, les rames, les trottoirs, les escaliers, les aménagements intérieurs et extérieurs, etc.) et les systèmes organisés possèdent une inertie généralement forte : il n’est pas facile de les changer du jour au lendemain. D’un autre côté, ces mêmes groupes défavorisés sont devenus aussi plus actifs et plus organisés, et ont porté la thématique des
conditions de déplacement à l’agenda politique et législatif. L’enjeu pour eux est de développer les alliances nécessaires à la réalisation de leurs objectifs.

En tant que sociologue, quels enjeux voyez-vous dans l’accessibilité pour tous des transports en commun ?
L’accessibilité pour tous aux transports publics n’est pas seulement une affaire de droits formels, une question d’égalité de principe (bien qu’il s’agisse de cela aussi). L’enjeu social essentiel est de combattre les inégalités engendrées par le phénomène de la dépendance automobile, qu’il ne faut pas entendre simplement comme un attachement insensé à sa voiture (comme une maladie psychologique en quelque sorte), mais comme un effet de système. Avec la diffusion de l’automobile et le développement des infrastructures routières, l’accessibilité de certains lieux (et aussi de certaines activités, notamment les activités en soirée ou hors jours ouvrables) est liée à la seule automobile. Songeons par exemple aux grandes surfaces en périphérie des agglomérations ou aux zonings industriels, qui ne sont (pratiquement) accessibles qu’en voiture. Cette dépendance vis-à-vis de l’automobile n’est pas psychologique, mais spatiale. Or, cette dépendance frappe d’autant plus fortement les individus qu’ils accumulent les « handicaps », qu’ils soient physiques, économiques ou sociaux.

Estimez-vous que les problèmes d’accessibilité des transports en commun peuvent créer une fracture sociale dans notre société? Si oui, quels sont les remèdes à apporter dès maintenant pour ne pas avoir des transports en commun à plusieurs vitesses ?
La question de l’accessibilité est un enjeu social majeur, et je ne parle pas ici seulement de l’accessibilité des transports en commun. C’est, de manière générale, l’accessibilité des lieux et des activités, et donc des moyens de s’y rendre (physiquement ou non), qui doit devenir un objet politique au sens plein du terme. Dans cette perspective, ce sont toutes les modalités d’organisation de cette accessibilité qui méritent d’être réévaluées : aménagements techniques des réseaux et des véhicules, niveaux de service (cadences horaires, multimodalité, confort, etc.), localisations des infrastructures et des activités, coûts des mobilités (à imputer en fonction, par exemple, des degrés de contrainte dans l’organisation de ses propres mobilités), entre autres. En fonction de quels critères ces questions sont-elles traitées ? Comment s’établissent les hiérarchies entre les réseaux et au sein de ceux-ci ? Pour le sociologue, il n’y a pas de questions purement techniques ou économiques ; chaque objet technique, chaque décision comptable, est une manière d’organiser les relations sociales. Il s’agit donc de s’engager dans ces débats apparemment peu humains pour se donner les moyens d’agir intelligemment sur les formes et les moyens de la mobilité de demain.

Le vieillissement de la population est une réalité qui a des répercussions à de multiples niveaux. L’accessibilité des transports en fait partie. Dès lors, devrait-on considérer la mobilité comme un thème relevant du développement durable ?
La mobilité est un des défis majeurs auxquels sont confrontés ceux qui se préoccupent du développement durable. Elle est en effet au coeur des trois dimensions qui le définissent, à savoir la dimension environnementale (l’empreinte écologique des mobilités est énorme), la dimension économique (la mobilité des biens et des personnes est une condition de la croissance) et la dimension sociale (comment assurer une équité sociale en matière de mobilité et d’accessibilité ?). Plusieurs programmes de recherche scientifique, à différents niveaux (régionaux, fédéraux, européens) se consacrent d’ailleurs actuellement à ce thème. L’importance croissante prise par les seniors dans nos sociétés occidentales est un facteur supplémentaire dans cette problématique. Rien ne laisse présager que la « révolution grise » soit favorable à un développement durable de la mobilité : non seulement les générations qui entrent maintenant dans l’âge de la retraite sont des générations automobiles (elles ont vécu avec l’automobile et y sont attachées), mais en outre l’allongement de la retraite engendre une explosion des activités effectuées par les seniors, phénomène qui a un énorme impact sur la mobilité en général. Mais, ici comme en d’autres domaines, il n’existe pas de déterminismes sociaux absolus, et un des projets de recherche auxquels je participe actuellement porte précisément sur la mobilité des seniors et sur les pistes possibles d’une évolution plus durable de leurs comportements de mobilité. Nous en saurons donc bientôt un peu plus sur cette mobilité généralisée.

Contact : 02 650 33 52 ou
pilannoy@ulb.ac.be.

Pages 17 à 20 - Vos loisirs : L’eau à la bouche - La piscine, un loisir pour tous !

Les beaux jours reviennent et, afin de préparer votre silhouette pour déambuler, tel un Apollon, sur les plages, vous aurez sans doute envie de vous remettre au sport. Cependant, lorsque l’environnement vous place continuellement en situation de handicap, il n’est guère aisé de trouver une activité dite « accessible ». Dans ce numéro, nous avons exploré pour vous une piste simple mais répondant à de nombreux critères de plaisir, de confort, d’accessibilité, d’autonomie et de convivialité : la natation.

Depuis longtemps, les nombreux atouts de la natation sont bien connus : régulation de la respiration, renforcement de la tonicité musculaire, bénéfice pour la circulation sanguine, diminution du risque de maladies cardio-vasculaires, évacuation du stress… Mais encore…

La natation rééducative
Grâce à la force de l’eau qui, comme chacun sait depuis qu’un Grec célèbre s’est écrié « Eureka ! », exerce une pression vers le haut, les personnes dont le corps leur semble lourd sur terre retrouvent une liberté de mouvements. En effet, la pesanteur annulée, il est plus facile de maintenir sa position (les articulations ne supportent plus le poids du corps). Certaines personnes retrouvent ainsi la mobilité de leurs membres, (re)découvrent la position verticale ainsi que la sensation de marche. La rééducation dans l’eau permet de faire travailler de manière douce les muscles contre la seule résistance de l’eau. De plus, à bonne température, l’eau permet d’assouplir les articulations. Enfin, le milieu aquatique possède un rôle amplificateur de sensations et permet de ressentir des émotions parfois oubliées.

La natation / plaisir
Que ce soit seuls ou en club, de nombreux handinageurs pratiquent ce sport avec pour seuls objectifs le plaisir, la détente et la convivialité. La personne développe alors ses compétences en matière de flottaison, de respiration et de propulsion. Celles-ci, bases incontournables de l’autonomie, favorisent donc l’indépendance des nageurs. En outre, la natation favorise l’évacuation du stress et engendre une bonne fatigue.

La natation / compétition
Mises à part quelques adaptations qui varient selon le handicap des compétiteurs, les règles de la natation handisport sont quasi similaires à celles de la natation traditionnelle. En fonction du type et du degré de leur déficience, les nageurs sont classés en catégories. Des adaptations sont prévues pour les compétiteurs handicapés moteurs : départs des courses dans l’eau ou en plongeon, possibilité d’être maintenu au bord, ... Les athlètes à vision restreinte ou aveugles bénéficient d’un assistant pour leur donner des indications durant l’épreuve. Le procédé est simple : à l’aide d’une perche au bout de laquelle
se trouve attaché un objet mou, l’assistant touche le nageur sur la tête ou sur l’épaule pour lui indiquer la proximité du mur de virage ou d’arrivée. La compétition implique enfin un esprit de battant, et mettra en avant la performance (et non le handicap). Le sportif est alors reconnu pour ce qu’il est
vraiment.

Vers d’autres pratiques sportives
Pratiquer la natation est une première étape pour accéder à d’autres sports aquatiques. En effet, de nombreuses possibilités s’offrent aux nageurs confirmés telles que l’aviron, le canoë, la voile, la nage en eau vive, ... moyennant quelques adaptations bien sûr !

Voici deux exemples ne nécessitant que peu d’aménagements.
La plongée
La plongée est un des rares sports accessibles aux personnes handicapées (paraplégiques notamment) sans adaptation particulière. En effet, l’utilisation standard de gilets stabilisateurs, associée au port d’une ceinture de plomb permet de se déplacer verticalement sans devoir nager. La circulation latérale est réalisée grâce à un léger battement de jambes ou de bras.

Le water-polo
Il est pratiqué en Belgique depuis 2003 à la piscine de Fleurus. Il se joue pendant 2 X 12 minutes avec 2 joueurs dans le goal et 8 nageurs. Ces nageurs sont tous équipés d’une ceinture aquagym ou d’un gilet de flottaison. Le water-polo se joue avec des valides et est sans conteste un vrai sport d’intégration.

Trop peu d’infrastructures adaptées
Si la natation semble accessible à tous, les clubs de natation handisport ainsi que les particuliers ont bien des difficultés à trouver des infrastructures capables de les accueillir correctement. En effet, bien que peu de matériel spécifique soit nécessaire, des aménagements doivent être prévus autour et dans le bâtiment: stationnements réservés, entrée de plain-pied, voies de circulation suffisamment larges, sanitaires adaptés (WC et douches), vestiaires collectifs ou cabines de déshabillage plus grandes, pédiluve adapté (de préférence en pente douce), … Rien de bien compliqué en somme pour autant que cela ait été prévu lors de la construction.

Afin de faciliter l’entrée dans l’eau, certains nageurs apprécieront l’utilisation d’un dispositif spécifique. Généralement, il s’agit d’un lève-personne installé en bordure de bassin mais il existe également des chaises roulantes amphibies qui, moyennant la présence d’un plan incliné, permettent une mise à l’eau plus facile. Plusieurs clubs sont très actifs en Wallonie mais un important travail doit encore être fourni quant à la mise en accessibilité des piscines. Ce manque bloque trop souvent les personnes à mobilité réduite dans leur recherche de loisirs. Cependant, à voir le succès remporté par les infrastructures où chacun est autonome, il paraît évident que les investissements « consentis » sont rapidement amortis et peuvent même devenir rentables !

Vous voici maintenant informés pour retrouver la fermeté de vos muscles et parader sur le littoral. Ah oui, l’accessibilité des plages, ce n’est pas encore ça mais il en existe ! Pour un autre dossier peut-être.

Pour plus d’informations
Fédération sportive pour personnes invalides et handicapées (entre autres natation, plongée, voile) : www.fema-asbl.be
Ligue francophone de recherche et d’activités subaquatiques (plongée) : www.lifras.be
Aviron au Royal Club Nautique Sambre et Meuse : http://www.rcnsm.be
Natation et water-polo au SPH Fleurus : http://users.swing.be/sph.fleurus/
Plongée avec l’association Wet Wheels : www.wetwheels.be
La natation grâce à AP3 Plouf :www.ap3.be/plouf
Cet article est disponible en néerlandais,surle site www.gamah.be ou sur demande au 081 24 19 37.

Page 21 : Appel à projets du Fonds Elia : Découverte et émerveillement - Des loisirs originaux pour tous


Pourquoi ?
Le 6e appel du Fonds Elia a pour but de soutenir des projets proposant aux personnes à mobilité réduite des découvertes originales en matière de loisirs touristiques, culturels et sportifs.
Tout le monde n’est pas né avec les mêmes chances dans notre société ; c’est également le cas au niveau des loisirs. Cette inégalité touche les personnes à mobilité réduite, au sens le plus large du terme : les personnes avec un handicap mental, moteur ou sensoriel, les familles avec de très jeunes enfants, les personnes âgées, etc. Le Fonds Elia souhaite contribuer à leur faire découvrir, à elles aussi, de nouvelles activités et émotions dans le cadre de leurs loisirs.

Quel soutien ?
Au total, le Fonds Elia met 250 000 € à la disposition de projets dans l’ensemble du pays. Chaque projet sélectionné bénéficie d’un soutien financier de 15 000 € maximum.

Qui peut soumettre un projet ?
Toute organisation qui s’intéresse aux loisirs touristiques, culturels ou sportifs des personnes à mobilité réduite. Des communes, un office du tourisme, un club de sport ou un mouvement de jeunesse, par exemple.

Quels projets ?
Les projets doivent proposer aux personnes à mobilité réduite de découvrir des loisirs touristiques, culturels ou sportifs originaux. Ils doivent offrir plus qu’une simple amélioration de l’accessibilité des formes de divertissement existantes. Ils seront innovants, d’intérêt général et durables. Les personnes à mobilité réduite seront impliquées dans leur réalisation (prévue en 2007-2008). Un plan financier, ainsi que des objectifs concrets et clairs, doivent être présentés.

Timing ?
Les dossiers de candidature doivent être soumis au plus tard le 20 juin 2007. La liste des projets sélectionnés sera communiquée en octobre 2007.

Comment soumettre un projet ?
Le projet doit être soumis à l’aide d’un formulaire de candidature standard. Ce formulaire est disponible sur le site www.kbs-frb.be ou auprès du Centre de Contact de la Fondation Roi Baudouin (Tél 070 23 30 65 Fax 070 23 37 27 Mail proj@kbs-frb.be).


Pages 22 et 23 - Témoignages

Heureusement, il faisait beau
Conscient de mon devoir électoral, candidat d’ouverture sur la liste Ecolo, je me suis donc rendu au bureau de vote dans une école près de chez moi, en voiturette électrique,une bien lourde voiturette électrique. Je me disais que puisque le vote était obligatoire, le bureau de vote serait « obligatoirement » adapté à des chaisards de mon acabit.
Heureusement, il faisait beau. Un de ces derniers beaux jours d’automne, doux, piquant, effervescent. Il y avait une marche à l’entrée du bureau de vote, et pas de rampe d’accès. J’ai fait mon difficile. Après tout, pour une marche, ils auraient pu prévoir une rampe d’accès. Je le leur dis donc. Ils sont gentils, affables, pas de panique et pas de véhémence chez eux et chez moi. Puisque il n’y a pas de rampe d’accès, on va déplacer le bureau de vote.
Lui faire prendre l’air. Le mobiliser. Aussitôt dit, aussitôt fait.
C’est donc dans un recoin de la cour de récréation d’une école que je pus remplir mon devoir électoral, un vote secret cela va de soi.
Heureusement, il faisait beau.
JF Lermusieau

Ca fait déjà un bon bout de temps que la gare de Tamines est en cours de rénovation. On imaginait donc qu’elle allait être superbe et bien aménagée pour tous. Mais voilà, les panneaux horaires viennent d’être accrochés… franchement trop haut. Et comment fait-on quand on est assis dans une chaise pour connaître l’heure de départ du 1er train ? Les chaisards seraient-ils contraints de ne prendre que les trains du bas des affiches ? De plus, aucun aménagement n’a été pensé pour les chaisards : guichets trop hauts, petite marche à l’entrée, … Heureusement, un ascenseur a été prévu pour accéder aux quais. On l’attend toujours… mais peut-être sera-t-il, lui, réellement accessible ?


Bonjour,
A la suite d’un accident vasculaire cérébral avec hémiplégie gauche, je suis régulièrement confronté à mes limites physiques. J’essaye malgré tout de rester actif et de bouger au maximum. Je me déplace à pied et je prends les transports en commun.
Quand le handicap n’est pas visible… A première vue, je possède deux bras et deux jambes mais je ne peux ni utiliser mon bras gauche, ni m’appuyer sur ma jambe gauche, ce qui devient un réel problème dans les véhicules lorsque je dois rester debout. Outre la carte de stationnement pour personnes moins valides, il devrait exister une carte, comme pour les non-voyants, qui prouve l’identité et le handicap de la personne pour lui permettre de s’asseoir prioritairement. […] Dans les voitures de métro, des sièges sont enlevés pour augmenter le nombre de passagers debout et permettre aux cyclistes d’enfourner leur vélo après 19h. Ce qui réduit considérablement le nombre de places assises et mon problème s’en trouve aggravé.
A la recherche d’une place assise
Mais qui décide de l’achat des nouveaux bus, trams et voitures de métro ? Les nouveaux bus de la série 8100 à Bruxelles sont tout à fait inconfortables vu la diminution des places assises et l’étroitesse des sièges. Un plan incliné vers le milieu du bus rend l’équilibre difficile, même pour les plus valides. En outre, les barres sont difficilement accessibles pour ceux qui n’ont pas le « bras long » et il faut avoir la taille d’un joueur de basket pour attraper les poignées du plafond ! […]
Quand l’équilibre s’en mêle
A chaque montée dans un transport, je dois composter ma carte. Le fait d’introduire dans l’appareil d’une main tremblante, une carte rendue molle par l’usage, tient de l’exploit car en même temps, le bus démarre. […]
Et pourtant…
La population de notre bonne vieille Europe prend de l’âge. Ce sont peut-être les personnes moins valides qui peuvent devenir précurseurs en terme de réflexion sur un aménagement urbain accessible.
Guy Timmermans

Bruxelles Le nouveau musée des Beaux-Arts à Mons. Bâtiment à hauts risques.
Le nouveau musée des Beaux-Arts de Mons, le B.A.M., inauguré en grandes pompes à la mi-temps du mois de mars, n’est pas réellement accessible aux personnes à mobilité réduite. Je dirais même plus : c’est un piège à PMR. L’entrée principale est inaccessible, c’est une volée d’escaliers. On peut y entrer par le côté gauche, une entrée latérale, presque invisible. A condition qu’on vous ouvre la grille qui vous sépare d’une jolie porte coulissante. Passée cette porte, vous avez le choix pour aller aux étages à des rampes d’accès ou aux ascenseurs. Un seul ascenseur pour tout le bâtiment, réglementaire sans plus. Quant aux rampes d’accès, leur pente est non seulement glissante mais trop forte, qu’on les monte ou qu’on les descende ; pas d’anti dérapant, pas de mains courantes, pas de signalétique pour distinguer les niveaux. Si vos freins lâchent, si vos poussettes vous glissent des mains, un joli petit mur vous attend, contre lequel vous nepourrez que briser vos propres os ou ceux des autres.Même les personnes valides craignent ces pentes. Aucune signalétique ne conseille aux PMR de prendre les ascenseurs plutôt que les rampes, comme il n’y a aucune signalétique, orale ou visuelle, pour indiquer le dénivelé d’une marche, une marche à peine, entre deux salles d’un même étage. Enfin, je ne sache pas que les guides aient été initiés à recevoir des personnes aveugles ou sourdes.
Déception.
JF Lermusieau

Vous aussi, faites-nous part de vos témoignages. Que l’expérience soit positive ou non, une seule adresse : contact@gamah.be

Page 24 - Nos brèves

Programme des formations
Gamah organise des formations destinées aux professionnels de la voirie et des bâtiments : « SECU, 4 maillons pour un bâtiment accessible » et « De la voirie piétonne au sentier de promenade, l’accessibilité est incontournable ». Ces 2 thèmes, abordés en une journée chacun, sont proposés dans toutes les provinces wallonnes.
Plus d’infos sur le site Internet www.gamah.be (partie formation)

Publication du « Guide de bonnes pratiques pour l’aménagement de cheminements piétons accessibles à tous »
Véritable mine d’informations concernant la réalisation et la rénovation de cheminements (trottoirs, traversées, mobilier urbain, stationnement,...), cet ouvrage a été réalisé par Gamah, en collaboration avec le MET. Sans conteste, cette brochure va très vite devenir un incontournable auprès des maîtres d’oeuvre, des communes, etc.
Pour la commander, contactez le MET : 081 77 20 86 vmathieu@met.wallonie.be

Des « handicontacts » ou « handiconseillers » dans nos communes
Référents de proximité, les handicontacts sont les personnes relais entre personnes handicapées et pouvoir politique. Leur objectif : intégrer les personnes handicapées en tant que personnes citoyennes dans leur commune. Projet lancé il y a 3 ans dans le Brabant Wallon, cette initiative s’étend maintenant à l’ensemble de la Wallonie. Votre administration communale pourra vous renseigner sur la présence ou non d’un handiconseiller dans votre commune.

La Semaine de la Mobilité 2007
Cette année, c’est du 16 au 22 septembre qu’aura lieu la Semaine de la Mobilité. Le thème choisi est « Réinventons la rue ». Durant une semaine, les communes mettront donc en oeuvre des actions pour laisser plus de place aux modes de déplacement doux.

Le guide de la Bretagne accessible
Publié par les Editions Intégrance, un nouveau guide touristique vient de paraître. Ecrit par un chaisard, ce guide est destiné aux personnes handicapées, à leur famille et accompagnateurs. 18 sites touristiques de Bretagne sont présentés et une foule d’informations concernant l’accessibilité du lieu touristique sont données (accessibilité de parkings, magasins, chemins, terrasses,…).
Plus d’infos sur le site : www.voyage-handicap.fr

Editeur responsable :
Gamah asbl - Christian Baeke
Rue Piret Pauchet, 10 à 5000 Namur
Tél. : 081 24 19 37 · Fax : 081 24 19 50
www.gamah.be - contact@gamah.be

Paraît tous les 6 mois
Bureau de dépôt : 5000 Namur 1
Photo de couverture : Accessplus
Coordinatrice : Anne-Sophie Marchal
Mise en page : Nicolas Huc – www.nlsh.be
Ont collaboré à la conception et rédaction de ce numéro : Roland Gauvry, Judith Pierre, Vincent Snoeck, Marie-Ange Vandecandelaere.

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